Dérives (en cours)

J'ai toujours voulu être ailleurs. Où que je sois, être ailleurs. J'ai construit mon identité autour de cette possibilité : fuir. La photographie est venue s'immiscer petit à petit dans ces fugues solitaires.

Je me suis rendu compte il y a quelques années que ce qui m'importait n'était pas tant le lieu de ma fuite que le moyen d'y parvenir. Il fallait que ce soit lent et compliqué. Je devais mériter ce qui m'attendait. Éprouver le temps, les distances. Prendre trois trains, un bateau et deux bus là où il aurait fallu seulement trois heures en avion.

J'ai alors ressenti le besoin d'avoir un compagnon de route – ou peut-être un prétexte – qui m'aiderait à cartographier ces dérives. Il n’y avait plus de destination particulière à atteindre, plus d’attente. Il s’agissait simplement de voir.